Patrimoines - Pas-de-Calais le Département
Les informations contenues dans cette page ne sont valables avec certitude que jusqu'à cette date et heure.

Loos-en-Gohelle - Cimetière militaire et mémorial du Commonwealth

« Dud Corner Cemetery » et « Loos Memorial »

Architecte : Herbert BAKER (1862-1946)
Sculpteur : Charles WHEELER (1892-1974)
20 642 noms gravés, 1 812 tombes

Ce site témoigne du premier engagement des volontaires anglais, écossais et irlandais lors de la bataille de Loos en 1915.

Photographie du cimetière militaire de Loos-en-Gohelle

Cimetière militaire et mémorial du Commonwealth « Dud Corner Cemetery » et « Loos Memorial », Loos-en-Gohelle : photographie.

Suite aux objections de la France relatives au nombre impressionnant de mémoriaux, la Commission des Sépultures britanniques décide de simplement entourer ce cimetière militaire de grands murs servant de mémorial (décision reprise pour le cimetière de Pozières, Somme).

Après l'Armistice, le site est aménagé à l'emplacement de cinq tombes, et symboliquement à proximité de « The Lens Road Redoubt » dont des vestiges ont été conservés. Il regroupe les corps des soldats britanniques retrouvés autour de Loos.

Aménagé sur un léger mouvement de terrain, le cimetière est limité par un mur à l'exception du côté de la voirie où se trouve l'entrée principale et les deux tours d'angle à chacune des extrémités. L'originalité de ce site repose sur ses stèles faisant dos à l'entrée du site (se faisant côté route). Les stèles sont orientées vers le mémorial, cœur du cimetière. L'enceinte comprend deux percées de chaque côté. Ce mur est surmonté d'ardoises en violine du Pays de Galles. Au fond du cimetière, quatre absides circulaires s'ouvrent vers le ciel et sur leurs murs sont gravés les noms des disparus. Cette disposition particulière est une image du panthéon réservé aux héros.  A proximité de la Pierre du Souvenir s'élève un belvédère. De chaque côté du monument, un escalier conduit à une petite tour d'angle qui domine le cimetière et les champs de bataille. Le visiteur est invité à monter et du haut de la terrasse à contempler l'ancien champ de bataille aujourd'hui redevenues des terres cultivées qui ne portent plus la trace de la guerre.

Le territoire a subi trois grandes batailles, en mai 1915, en septembre 1915 et en août 1917. La troisième bataille d’Artois, déclenchée par les Alliés, se déroule en septembre-octobre 1915. C’est à cette occasion que, pour la première fois, l'armée britannique emploie au combat des volontaires anglais, écossais et irlandais. C'est aussi dans la plaine de la Gohelle que les Britanniques vont utiliser le gaz chlorique, en réplique aux Allemands qui l'avaient déjà testé à Ypres, le 22 avril précédent. Leur objectif est de libérer les plaines de la Gohelle et de l'Artois, ainsi que la ville de Lens. Après l'effet de surprise initial, un changement de sens du vent repousse les gaz vers les lignes anglaises et contribue à l'échec d'une offensive par ailleurs mal préparée. Dans la seule journée du 25 septembre, après la prise de Loos, les Britanniques enregistrent 8 500 victimes (dont plus de 6 500 sans sépulture). Ils perdent au total 50 000 hommes, tués, blessés ou disparus.

Bien que le cimetière soit lié à la bataille de Loos, le mémorial, portant 20 642 noms, rappelle aussi les combats de la Lys et du secteur de Grenay, Béthune et La Bassée.

Parmi les noms gravés figure celui du lieutenant John Kipling disparu et dont le corps est plus tard retrouvé à Haisnes. Cette disparition amène son père Rudyard Kipling à imaginer l'épitaphe visible dans chaque cimetière de la CWGC, « Unknown unto God ». Sur l'un des murs figure aussi le nom du frère de la reine mère Elizabeth, dont le lieu d’inhumation a été récemment identifié.